';
Pass’Aran (64 km) depuis le bocard d’Eylie

 

Voyage à la journée sur les chemins sauvages du Couserans et du val d’Aran. Le Pass’Aran, un nouveau voyage au long cours inoubliable.

 


 

Accès voiture

Accès voiture : parking de bocard d'Eylie. Après Sentein, laisser la direction d'Eylie et poursuivre le long de la rivière pour se garer près des bâtimnets désaffectés.

Tracé GPS

A venir !

 


 

Durant les longues sorties, une chanson m’accompagne souvent. Samedi, j’ignore pourquoi, mais ce fut le générique de Star Wars dont tous les films débutent par un court texte introductif. Durant la dernière descente, frappé semble t-il par une sévère hypo, je me suis occupé en imaginant ce qu’aurait pu être le nôtre :

Il y a bien longtemps, dans une vallée lointaine, très lointaine…

L’agitation règne dans le Couserans. Tandis que la guerre civile fait rage entre l’Empire des Éleveurs et la communauté décimée des Ursidés, cette dernière se voit menacer. La République contre-attaque en introduisant deux nouveaux ours non loin de là.

La discorde est à son apogée et l’ordre établi chancelle chaque jour un peu plus. Dans chaque vallée, la rébellion contre l’Empire s’organise. Un groupe part tenter un contact avec les opprimés pour les informer qu’il est urgent de se cacher.

Alors que le soleil de cette planète ne s’est pas encore levé, dans la nuit noire leur périple ils commencent, à la frontale et fatigués ils rentreront…

Au fond de la vallée de Seintein, le Bocard d’Eylie est une usine abandonnée où étaient broyés et traités les minerais extraits dans les mines environnantes. Vestiges de cette activité révolue : des bâtiments désaffectés et quelques panneaux déconseillant de pique-niquer sur l’herbe pour éviter une contamination. L’avantage de ce point de départ, c’est qu’à 4 heures du matin, on n’a vraiment pas envie d’y rester. C’est donc parti pour le Pass’Aran, boucle sauvage de 64 km et 5200 D+ à cheval entre le Couserans et le Val d’Aran. Lucille, Jean-Paul, Julien et Nicolas sont de la partie. Toujours convalescent, Mathieu a préféré décliner, nous aurons tous pensé à lui pendant le parcours.

La journée débute d’abord par une histoire de lacets. La montée au col de l’Arech en recense un grand nombre, nous permettant de monter sans difficulté ces 900 premiers mètres de D+. Pas de chutes à déplorer au col, comme son nom aurait pu l’insinuer… Sans nous attarder dans la nuit noire, nous enchaînons avec la descente dans la vallée d’Orle puis une remontée directe (et plein de lacets) de 800 mètres de D+ jusqu’au col du Trapech où le jour se lève enfin. Quelques personnes ont dormi à la cabane située au col et profitent des premières lueurs depuis cette crête isolée. Le lever de soleil nous accompagne pendant la descente jusqu’à la Maison du Valier pendant laquelle nous courrons un petit peu. Petite pause boisson sur la terrasse après 17 km et 1700 D+, tout le monde va bien.

Vient alors le gros morceau de la journée avec 1500 mètres de D+ pour approcher le refuge des Estagnous. Avec plus de 120 lacets, les 1000 premiers mètres de la longue vallée du Muscadet ont de quoi donner le tournis, dans tous les sens du terme ! Nous attachons les wagons au premier du groupe, enclenchons le régulateur de vitesse et le train se met en marche pendant 1h20. Après une partie de transition où le Mont Valier se dévoile dans toute sa splendeur (aucun superlatif n’est de trop pour le Seigneur du Couserans …), une rude montée amène au col de Pécouch où nous basculons vers le refuge des Estagnous. Nous profitons d’une bonne coupure où Jean-Paul se requinque après une fringale. Il faut dire qu’après 29 km à peine, nous sommes déjà à 3200 de D+. Sacré ratio !

Étang Rond, étang Long et port de Barlonguère constituent un des plus beaux coins de l’Ariège. L’Espagne est désormais à portée de baskets et une dernière montée nous amène à la borne frontière du port de la Girette accompagnés au loin par quelques isards. Les premiers nuages masquent le soleil par intermittence, nous les retrouverons un peu plus tard dans la soirée… La longue descente jusqu’à Montgarri se déroule sans accroc même s’il fait très chaud lorsque le soleil est présent. Accessible l’été en voiture, le refuge brasse beaucoup de monde et cette ambiance ne permet pas de récupérer confortablement. Un « bocadillo de jamon », meilleur que l’accueil, et c’est reparti pour les 25 derniers kilomètres.

Il y a des longs vallons, et celui qui amène au col de Montoliu fait partie de la famille des très longs. Heureusement, le paysage prend de l’ampleur au fur et à mesure de la montée. L’herbe jaunie donne au relief des allures de steppes mongoles. Après 800 m de D+, nous arrivons enfin au col où le pic de Maubermé se dévoile avec le lac de Montoliu au premier plan. Quelle magnifique surprise ! La lumière rasante de ce début de soirée offre de superbes couleurs. Nous sommes seuls au monde au milieu de ces montagnes qui nous sont toutes chères et familières. Ce moment est un régal et fait oublier les jambes lourdes qui viennent de dépasser la barre des 5000 mètres de dénivelé.

Dernier col de la journée et synonyme de retour en France, le portillon d’Albe paraît encore très loin. Une traversée de quelques kilomètres nous amènent à son pied pour les dernières mètres de dénivelé positif de la journée. Au col, l’atmosphère est humide et venteuse. La pluie annoncée en début de soirée semble toute proche. Nous nous couvrons pour entamer la longue descente de 1500 mètres nous séparant du parking et retrouvons les nuages évoqués tout à l’heure qui stagnaient gentiment côté français. En effet, dès les premiers mètres de descente, nous sommes dans un épais brouillard qui, conjugué à l’obscurité et les pierres glissantes, ralentit la progression. Heureusement, Jean-Paul et Nicolas ont la trace GPS car il faut souvent chercher la bonne direction même si nous connaissons la zone. Arrivés à un col intermédiaire, nous mettons une dizaine de minutes à retrouver le bon chemin ! Ambiance … Plus bas, le brouillard laisse place à la pluie et sous nos capuches, heureux d’en terminer, le bruit des gouttes vient rythmer cette fin de parcours. Eylie d’en Haut puis bocard d’Eylie et enfin, allez au lit.

Dimanche matin, les sommets étaient saupoudrés de neige … C’était moins une !

 

Epilogue

 

Évidemment, merci à Lucille, Jean-Paul, Julien et Nicolas pour ces précieux moments.

Les sentiers du Pass’Aran sont plus roulants que ceux de la Carros de Foc où l’environnement est plus minéral. Les paysages sont sans doute moins spectaculaires mais plus intimistes et sauvages voire âpres. C’est vraiment impossible de dire quel parcours j’ai préféré, les deux ont leurs propres attraits. Finalement, nous n’aurons pas vu l’ours, la quête continue…

Le site du parcours : http://www.passaran.com/fr/