Majoritairement hors-sentier, cet itinéraire est véritablement âpre. Heureusement que la récompense est à la hauteur des efforts fournis une fois que la crête frontalière est atteinte.

Date : 2021/07/10
Distance totale : 16 km
Dénivelé positif : 1600 m
Temps de montée : 3h pour la dent de Soques
Temps de descente : 2h45
Conditions et commentaires : beau.
Difficultés : de tout : pentes raides, pierriers, éboulis, orientation et lecture, petite escalade.

Accès voiture

Accès voiture : caillou de Soques.

Tracé GPS

À venir

 

Rive gauche du ruisseau de Soques, quelques traces timides convergent pour former un discret chemin dans la forêt. Il faut en profiter car il est de courte durée. En effet, à la sortie de la forêt, il disparaît quasiment. Le lieu est original avec ce vaste cirque herbeux fermé de toute part. Le col convoité n’est pas le col de Soques qui est dans l’axe du vallon. Il est plus au sud derrière une grande aiguille semblant ridée, vieille et délitée. Au lieu de suivre la vague trace qui fait une boucle par l’ouest, nous partons directement vers le SE et passons près de la ruine d’une cabane. Nous profitons des dernières zones herbeuses avant d’attaquer un vaste pierrier devenant de plus en plus raide et inconfortable. La large pente marque ensuite un rétrécissement avec un couloir en roche sombre à gauche et un autre à roche ocre à droite, séparés par un contrefort mi herbeux mi rocheux. Comme les deux couloirs semblent pourris, nous montons sur ce raide contrefort peu difficile mais très délicat et exposé. Toutes les prises rocheuses restent dans les mains et je suis bien content lorsque la pente s’adoucit un peu. Conclusion : les trois options sont pourries mais la suite me fait dire qu’il aurait mieux fallu passer à gauche qui ressemble à la suite.

En effet, nous remontons une nouvelle pente raide de cailloutis pour rejoindre le bord du couloir puis le centre nettoyé par les écoulements et permettant de monter plus facilement. Ouf ! Nous débouchons enfin au col. Le soleil lui octroie un peu d’humanité mais il est franchement aussi austère que la pente que nous venons de gravir. Entouré de sommets sévères, les deux versants n’offrent pas d’accès facile. Pour le pic de Soques, courte descente délicate au point bas du col puis montée au sommet sur un rocher effectivement moyen mais offrant un cheminement plutôt facile. Comme durant la montée, vue inoubliable sur l’Ossau. À l’est, que dire des trois géants, Palas, Arriel et Balaïtous, tous les trois énormes et charismatiques. Pour la dent de Soques, retour au col pour contourner la dent par l’est sur une vire facile mais un peu exposée. Les indications toujours lumineuses de P.Quéinnec indiquent la première cheminée en II+ ou alors la facile pente SO. Nous optons pour la cheminée ludique et en bon rocher avant de revenir sur la crête frontière par la pente SO. L’Ossau est toujours aussi majestueux.

Pour l’instant, la crête frontière est facile et c’est plaisant de marcher sans réfléchir. Après être passés à la Punta Ferraturas (2642 m), le pic de l’Ouradé se dresse devant nous. Obstacle infranchissable sans équipement, nous le contournons par l’ouest (quelques cairns au point bas du contournement, alleluia !). Après avoir rejoint la frontière, nous observons deux montagnards espagnols qui partent encordés pour gravir le pic de l’Ouradé. Je suis jaloux ! La première partie de la crête sud semble très facile puis ça se complique avec deux longueurs. Le sommet semble alors tout proche. Pour une prochaine fois…

De notre côté, nous poursuivons sur la crête frontière par une première pointe (II) que je nomme pic Occidental de l’Ouradé. Après une deuxième pointe facile, la crête frontière s’effondre. Dommage, il aurait été intéressant de rejoindre le pic de Peyrelue. Bon, nous avons hésité à tenter l’aventure. Après être descendu sur la crête NO de cette deuxième pointe, il semblait possible de couper le haut du vallon de l’Ouradé pour rejoindre un collet sous le sommet dont l’accès avait ensuite l’air facile. Ce choix aurait eu l’avantage d’offrir une descente sur sentier car de notre côté, dans le ravin d’Estrèmère, c’était éboulis, ossements de moutons, gispet, rhododendrons et forêt. Depuis la crête NO, nous avons cherché à rejoindre le vallon dès que possible. Impossible de décrire un itinéraire précis pour la suite si ce n’est que nous avons d’abord viser une bâche blanche et des barrières en métal posées sur un replat (2000 m environ).

Après, toutes nos excuses pour les rhododendrons en fleurs et les myrtillers que nous avons piétinés, mais nous n’avons pas eu le choix. Descente laborieuse jusqu’à la lisière de la forêt où une sente part vers l’ouest. C’était trop beau pour être vrai car après quelques minutes, elle se perd au niveau d’arbres couchés et de broussailles. La forêt est parfois raide mais les nombreux arbres la rendent facile et sécurisante. Nous retrouvons le sentier peu avant la route près de paravalanches à 1 km environ du départ. La baignade dans le gave de Brousset fait beaucoup de bien. Dire que nous avions hésité avec le roulant tour du pic du Midi d’Ossau…