Long voyage au bout de l’Aston qui résume bien le charme de ce massif : la solitude, la longueur et le hors-sentier pour une ascension très progressive jusqu’à l’imposant pic de Serrère.

Date : 2021/09/17
Distance totale : 29 km
Dénivelé positif : 2200 m
Temps de montée : 2h30 jusqu’au pic de l’Homme Mort puis 3h jusqu’au pic du Sal
Temps de descente : 2h15
Conditions et commentaires : beau mais sommets souvent accrochés.
Difficultés : hors-sentier, pentes raides, lecture et mains parfois nécessaires.

Accès voiture

Accès voiture : chemin des Pêcheurs. 1 km après la centrale de Laparan prendre la première à droite et se garer au bout de la route.

Tracé GPS

À venir

 

Départ du chemin des Pêcheurs sous des arbres qui portent à peine les premiers stigmates de l’automne. Le chemin est glissant à cause de l’humidité. Passage par la cabane de Quioulès (1611 m), puis je me dirige vers la jasse de Rébenne, porte d’entrée vers la Coume de l’Ose. Un chemin bien marqué prend forme. Même s’il a quelques balbutiements, il est facile de le suivre. À la sortie de la forêt clairsemée, je double le couple de vachers et traverse le torrent pour monter au pic de l’Homme Mort. Je repère un couloir sans arbre bien visible aussi bien sur le terrain que sur la carte. Il est encombré de rochers me permettant de monter plus facilement que dans la végétation chaotique. Sur la crête, je constate que les sommets frontaliers sont accrochés. D’abord débonnaire et parsemée de myrtilles mutantes, la crête devient davantage rocheuse et demande d’évite quelques passages escarpés par le versant O où je dérange quelques isards. J’en surprends même un à 5 mètres Le sommet ne semble jamais se rapprocher ! Belle vue sur le ruisseau tortueux de la coume d’Ose. La crête frontalière est toujours aussi accrochée mais la couche nuageuse semble fine. J’espère qu’elle ne résistera pas. Le début de la descente au col de l’Homme Mort (2526 m) est légèrement découpée et nécessite de poser un peu les mains. La montée au pic de Mil Menut est facile mais très raide. Je continue ma route car la vue est majoritairement bouchée et il ne fait pas chaud. Le sommet est une longue crête.

La crête jusqu’au port Vieux de Coume d’Ose (2714 m) est irrégulière. Parfois roulante, parfois découpée et obligeant à éviter certains passages dans les raides pentes andorrannes, elle perd de l’altitude mais ne cesse jamais d’osciller. Juste avant le col, une partie rocheuse horizontale un peu plus découpée où je suis étonné de croiser un bouquetin. C’est un beau moment de la journée car les nuages vont et viennent modifiant les vues et les lumières. Lorsque je me retourne, la crête n’est pas visible puis elle se dégage d’un coup dévoilant tout le chemin parcouru. Autour du pic de la Cabaneta, le ciel paraît presque orageux tellement il est sombre. Pour le pic de la Coume de Seignac, il faut éviter un ressaut versant N dans une raide pente en mauvais terrain. La crête est ensuite un peu découpée jusqu’au sommet. Je résume ça en quelques phrases mais les portions de crête sont assez longues. Par contre, le pic de Serrère est tout proche et s’atteint facilement. C’est un grand sommet avec une vue étendue surplombant une des parties les plus sauvages et préservées de l’Andorre. La descente au col suivant (2702 m) est cairnée.

Ensuite, la crête est un peu laborieuse avec une succession de ressauts et demande de passer souvent versant andorran. La montée finale au pic du Sal est raide et c’est avec plaisir que je prends une bonne pause sur ce sommet multicéphal. Jolie vue vers les « steppes » françaises jaunies par le début de l’automne. Il est temps de rentrer et dans l’Aston ce n’est jamais une formalité. Je suis la facile crête N et descend dans la haute vallée de Seignac (quel nom pompeux !) dès que c’est possible. Il y a une sente qui descend dans le vallon, passant sous le pic de l’Estagnol, pour rejoindre la coume de Seignac à proprement parler. Je ne peux pas dire que le calvaire commence ici mais en tout cas la descente est peu roulante. Le chemin disparaît souvent au profit d’énormes touffes d’herbe. Le vallon est long et donne l’impression de ne pas avancer. Enfin ! La cabane de Béla est en vue. Les vaches y sont peureuses et paniquent alors que je les évite au maximum. Dans une végétation encore chaotique, la descente se poursuis jusqu’au croisement de tous ces sauvages vallons où la cabane de Quioulès fait office de péage. Encore quelques kilomètres pour rentrer à la voiture.