Première incursion en vallée d’Estos avec la découverte du secteur enchanteur de Batisielles : sa myriade de lacs, ses aiguilles, ses sommets austères, sa variété. Un beau voyage duquel il fut difficile de redescendre.

Date : 2020/06/28
Distance totale : 23 km
Dénivelé positif : 1900 m
Temps de montée : 3h45 pour la tuca de Corbets + 1h pour la tuca de Mincholet
Temps de descente : 2h15
Conditions et commentaires : sommets accrochés.
Difficultés : portions raides et/ou pas de II sous Corbets et Mincholet.

Accès voiture

Accès voiture : parking de la vallée d'Estos (panneaux). Vaste parking après un lugubre camping abandonné.

Tracé GPS

A venir

 

C’est avec un certain scepticisme que les tentes s’ouvrent au petit matin dans le mignon petit camping d’Ixeia situé juste après Bénasque. Au-dessus de nous, les contreforts des aiguilles d’Ixeia sont entourés de nuages qui semblent déjà menaçants. Au départ du parking de la vallée d’Estos, quelques gouttes se font même sentir mais par chance, ce seront les seules de la journée même si les sommets resteront majoritairement accrochés. L’itinéraire de l’ibonet de Batisielles est bien indiqué : la piste du refuge puis un large chemin en lacets amènent à cet endroit magnifique entouré d’aiguilles qui se réflètent dans les eaux calmes. Plus loin, les deux ibones de Escarpinosa ne sont pas en reste non plus. Devant nous, se dresse un imposant ressaut rocheux flanqué d’une superbe cascade. Un cheminement cairné le contourne par la gauche et nous arrivons au bassin lacustre de Perramo et ses nombreux étangs. Si imposantes depuis le bas, les aiguilles de Perramo se font de plus en plus petites, preuve que nous prenons doucement de l’altitude dans cette longue vallée.

Le terrain n’est pourtant pas désagréable grâce aux nombreuses zones herbeuses. Toujours bien cairné, une vague trace nous dépose à un col intermédiaire (2495 m) au S des aiguilles de Perramo, où nous rejoignons le GR11-2 issu des étangs de Batisielles. Après avoir rencontré une vipère, nous arrivons au collado de la Plana (2702 m) où, sans surprise, le haut des Posets est dans les nuages et le restera. La montée à la tuca de Corbets est rocailleuse mais facile et guidée par de nombreux cairns : d’abord versant O, puis sur le fil ludique avant de finir versant E pour longer le fil jusqu’au sommet. On devine que la vue a un potentiel incroyable avec le secteur d’Ixeia, le versant S du Luchonnais ainsi que les massifs des Posets et de l’Aneto, tout proches. À défaut, la nébulosité renforce l’atmosphère haute-montagne et fait travailler notre imagination.

De retour au collado de la Plana, nous rejoignons un petit col à l’O de la tuca de Mincholet. D’ici, la tuca de Corbets prend un caractère bien plus austère et semblerait presque inaccessible. Nous laissons les bâtons à ce collet pour longer temporairement la crête versant Corbets et la rejoindre à mi-chemin du sommet. Quelques pas de II (à peine aériens sur 30 mètres, bon rocher) et nous débouchons sur la cime dont le panorama complète bien celui de la tuca de Corbets avec une vue intéressante sur les pics de Batisielles. De retour au collet sous le sommet, nous cherchons les névés pour revenir au pied de l’aiguille principale de Perramo sur laquelle nous faisons un aller-retour facile. Pour revenir en boucle à l’ibonet de Batisielles, nous suivons le GR11-2, peu roulant et parfois escarpé, qui passe par les étangs de Batisielles où nous découvrons les aiguilles de Perramo sous un nouvel angle. Il ne reste ensuite que le long retour au parking.