Tiens, une disponibilité de deux jours, c’est l’occasion d’aller visiter un coin que je connais pas trop : direction le caillou de Socques pour graviter deux jours autour du refuge d’Arrémoulit sans programme défini pour le deuxième jour.

Date: 22 et 23/07/2017
Distance totale Distance et dénivelé indicatifs. Privilégier ces valeurs plutôt que celles indiquées le profil. : 20+17 km
Dénivelé positif : 3600 m
Temps de parcours Pauses classiques incluses (photo, discussion, collation, manips à ski...) au contraire des longues interruptions (sommet, refuge, sieste...) : J1 : 8h – J2 : 7h15
Conditions et commentaires : assez nuageux et tourmenté aux Frondella. Nuageux et bouché le lendemain puis se dégageant au Lurien.
Difficultés : hors-sentier, terrain décomposé, passages aériens.
Accès : caillou de Soques (parking le long de la route)
Itinéraire Profil visible en cliquant en bas à gauche de la carte. Privilégier les valeurs ci-dessus plutôt que celles indiquées sur le profil. : GPX

 

Jour 1

 

Sur la route, la météo est changeante, laissant place à l’espoir avec une éventuelle mer de nuages puis au doute avec une couche nuageuse semblant flotter autour de 3000 m d’altitude. Arrivé au caillou de Socques, l’atmosphère est grisâtre mais le beau temps n’est pas loin. Il est certain que ça va se lever, mais quand ?

Du caillou de Socques, monter dans le bois puis prendre pied dans le vallon d’Arrious occupé par les différents troupeaux (vaches, brebis et chevaux !). Suivre l’excellent chemin qui s’élève doucement jusqu’au col d’Arrious (2252 m) en passant notamment près de la cabane d’Arrious (1748 m), nichée au pied d’un énorme bloc. Au col, le lac d’Artouste fait son apparition ; les nuages volatiles et les quelques rayons du soleil réussissant à percer forment de magnifiques jeux de lumière. Au lieu de descendre en direction du lac d’Artouste, je longe brièvement le lac d’Arrious pour emprunter le passage d’Orteig. Ce dernier interpelle davantage par son audace plutôt que par le vide, bien présent malgré tout. Les câbles installés solidement tout le long rassureront les personnes impressionnées. Après ce passage, les lacs d’Arrémoulit apparaissent et une courte descente suffit à rejoindre le refuge (2280 m).

Le plafond nuageux est toujours bloqué vers 2800 mètres ce qui confère au lieu un calme absolu. Je m’éloigne rapidement du refuge pour monter au col d’Arrémoulit (2448 m). C’est le col de droite, celui de gauche étant le col du Palas par lequel je reviendrai. Une fois au col, la météo m’offre à nouveau un joli spectacle de lumières au dessus des lacs d’Arriel. Les Frondellas ne sont pas visibles et quelques morceaux de crête découpée apparaissent ici et là. La descente jusqu’aux lacs d’Arriel (2232 m) est rude et directe. Au bord d’un des lacs supérieurs, une tente jaune dénote avec le paysage. Poursuivre plein E et monter (cairns) en direction de l’ibon Chenau, petit gourg glacé lové dans cet univers minéral. De nombreux randonneurs espagnols se dirigent vers le Balaïtous. De mon côté, juste après le lac, je traverse le torrent qui l’alimente pour rejoindre le col Wallon (2506 m) au SE.

La brume est toujours présente et ne dévoile le paysage que par intermittence. Après avoir remonté 400 mètres de dalles et chaos le long de l’arête Wallon, je parviens dans le cirque E des Frondellas. L’ambiance est austère et je dois patienter presque 30 minutes pour la brume ne se dissipe définitivement et me laisse apercevoir les voies d’accès aux différents sommets. Je débute par l’est : une vire cairnée permet de prendre pied dans un pierrier que l’on remonte sans problème jusqu’à la Frondella Centrale (3055 m). C’est bouché à l’O mais plutôt dégagé à l’E, le haut du Balaïtous est dans les nuages. Après un aller-retour à la Frondella Orientale (3071 m) où j’aperçois une cordée sur l’arête du Diable, je retourne à la Centrale puis dans le cirque E par le même itinéraire. Je traverse rapidement le versant E pour trouver la vire me permettant d’accéder au sommet occidental. Une trace dans les éboulis et quelques cairns me mettent facilement sur la voie : la vire est assez aérienne (II max.). Après une traversée horizontale, il faut passer de terrasses en terrasses pour aboutir à un petit collet et remonter vers le sommet. La descente se fait avec attention par le même itinéraire. Il est possible de suivre la crête entre la Frondella Centrale et Occidentale mais elle nécessite des rappels et de faire éventuellement une ou deux longueurs. Etant seul, j’ai choisi les options les plus faciles.

De retour au col Wallon puis à l’ibon Chenau, je descend quasiment jusqu’aux lacs d’Arriel avant de m’élever en ascendance vers l’O dans un grand pierrier sous le pic de Batcrabère. Mon but est de rejoindre le col du Palas. Je retrouve quelques cairns et aboutit au col (2517 m) où un groupe fait une pause. J’hésite à monter au Palas mais préfère être raisonnable en me réservant par la même occasion le Palas par l’arête SE. Je rentre donc au refuge où je passe la fin d’après-midi. L’accueil est sympa, le repas est bon et la nuit rythmée par les rafales de vent et les ronflements de mon voisin qui prétendra le lendemain matin ne pas avoir dormi !! La blague !!

 


 


 

Jour 2

 

Au réveil, la météo est similaire à la veille, c’est bâché mais on sent que le beau temps n’est pas loin. Je patiente donc 45 minutes supplémentaires avant de partir pour optimiser mes chances. Je reprends la direction du passage d’Orteig. Avant ce dernier, sur les conseils de la gardienne, je vise au S un col rocheux à gauche du pic du lac d’Arrious et poursuit la crête facile jusqu’à un second col au S. Une sente traverse les éboulis au S du lac d’Arrious jusqu’à buter sur un escarpement mi-herbeux mi-rocheux. Le franchir avec attention (un pas de II) et prendre pied sur une large pente. Je suis dans le brouillard épais et distingue mal l’environnement. Je suis les quelques cairns et aboutis au petit pic d’Arriel (2683 m). Toujours dans la purée de pois, je pars sur une crête au S mais n’arrive jamais au col d’Arriel. Je fais demi-tour et retourne au petit pic d’Arriel. Alors que je m’apprête à descendre au lac d’Arrious pour aller voir s’il fait meilleur au Lurien, une brève trouée laisse apparaître le col au SE. Je le rejoins et remonte en direction du pic d’Arriel (2824 m). J’attends plus de 30 minutes en espérant voir quelque chose mais rien n’y fait. C’est très frustrant car je sens le soleil n’est pas loin.

Ambiance amusante dans la descente du pic d’Arriel, le brouillard est épais et le silence est seulement troublé mais les bruits de bâtons de montagnards qui montent. De retour sous le petit pic d’Arriel, un cairn indique la descente du petit escarpement rocheux empruntée à la montée. Une fois passé, descendre dans les éboulis puis longer le lac jusqu’au col d’Arrious (2259 m). Le soleil est de la partie et le pic d’Arriel semble vouloir se montrer … Dommage. Il reste de quoi occuper la journée et je décide donc de monter au Lurien. Pour cela, je suis l’itinéraire de Philippe Quéinnec : complexe à décrire, il est parfaitement expliqué sur son site : http://philrando.free.fr/Balaitous.html#20120816. Personnellement, je trouve que le dernier couloir menant à la brèche de Gabardères (2700 m env.) est aussi dangereux que délicat, j’étais vraiment content d’en sortir !

Une fois parvenu à la brèche, on rejoint facilement la voie normale du Lurien. Le panorama est magnifique et étendu. Celui du pic d’Arriel est paraît-il plus joli encore mais je ne peux malheureusement pas en juger. Belle descente par la voie normale jusqu’au lac de Fabrèges où un couple de Pau me ramène généreusement à la voiture garé quelques kilomètres plus haut au caillou de Socques. Encore merci à eux !