Situé sur la longue crête entre Belloc et Hourgade, le pic Marcel Spont est un haut sommet méconnu à l’ombre de ses prestigieux voisins du Luchonnais. Passé le lac d’Espingo, son ascension est sauvage et solitaire.

Date : 2021/09/04
Distance totale : 23 km
Dénivelé positif : 2200 m
Temps de montée : 3h45 jusqu’au pic Marcel Spont
Temps de descente : 2h30
Conditions et commentaires : voilé se couvrant progressivement.
Difficultés : long hors-sentier et passages raides en mauvais rocher sous le sommet.

Accès voiture

Accès voiture : Granges d'Astau. De Luchon, prendre la direction du col de Peyresourde, rejoindre le village d'Oô, puis les granges d'Astau à la fin de la route (panneaux).

Tracé GPS

À venir

 

Marcel Spont, frère d’Henri Spont était un pyrénéiste luchonnais. Le 6 septembre 1906, il fait une chute mortelle à la brèche des Spijeoles. Après la montée classique au lac d’Espingo, nous prenons la direction du val d’Arrouge. Pour descendre le long du lac d’Espingo, il est préférable de passer bien en dessous du refuge plutôt que de le longer pour bartasser ensuite entre les pins. Après la cabane d’Arrouge (2120 m), nous quittons rapidement le sentier principal pour traverser le torrent. L’objectif est de franchir la grande barre rocheuse qui ferme au sud le val d’Arrouge et soutient la bancade des Spijéoles. Il est possible de le faire plus facilement en quittant très tôt le sentier de la cabane d’Arrouge pour passer juste sous le piton d’Espingo. Quant à nous, nous allons devoir trouver une faiblesse dans ces pentes raides de gispet, rochers et rhododendrons. Nous repérons une zone qui semble moins pentue. Les rhododendrons sont parfois utiles pour aider à se hisser. Nous rejoignons une vire que nous suivons sur une centaine de mètres. Ce passage est assez exposé et glissant en raison des petites cascades qui l’arrosent. Dès que le terrain le permet, nous posons un peu les mains pour prendre définitivement pied sur la bancade des Spijéoles. Le pic Marcel Spont est encore loin mais il est désormais parfaitement identifiable. Nous visons la base de la crête N en montant en diagonale. Le ciel est voilé et le fond du val d’Arrouge paraît froid et inaccueillant. Nous contournons la base de l’arête N pour rejoindre une combe d’éboulis bordée d’une petite moraine. À peine vingt ans auparavant, cette combe devait probablement être encore enneigée toute l’année. Maintenant, c’est un mélange de rochers instables en tout genre. Aujourd’hui, la forme n’est pas là et je ne rêve que d’un bon sentier.

Sur la gauche, résister à l’attracton d’une belle vire qui rejoint la crête N, mais poursuivre jusqu’à la base de la crête entre Marcel Spont et pic des Isclots. En évitant un névé en neige très dure, nous montons de terrasse en terasse dans un terrain composé d’un rocher très compact mais évidemment non nettoyé de ses éboulis et cailloux divers. Cette montée demande un peu d’attention et de lecture. De temps en temps, quelques rochers vont s’écraser en contrebas en raisonnant avec fracas pendant quelques secondes. Un berger passe sous la crête N du pic Marcel Spont pour rassembler les brebis et doit être surpris de nous voir là-haut. Nous discuterons ensuite avec lui et il nous le confirmera ! La pente s’adoucit ensuite, laissant place à un petit cirque qu’il faut remonter jusqu’au sommet. Les nuages gris accrochent le haut des sommets donnant à la montagne un caractère très sévère. Nous nous approchons du pic des Isclots jusqu’à la grande dalle facile qui descend jusqu’à une brèche. Après cette dernière, la suite est longue et assez sérieuse. Sans motivation après cette montée qui m’a paru interminable, nous revenons sous le pic Marcel Spont par le même itinéraire.

Pour prolonger la journée, nous décidons de revenir en boucle pour visiter les autres lacs de la bancade des Spijéoles. Le terrain paraît plat et facile sur la carte mais il y a de nombreuses oscillations et énormément d’éboulis. Sous la pointe Belloc où nous faisons un aller-retour, le lac (2570 m) est particulièrement joli. Derrière, Grand Quayrat et Lézat sont en train de se faire engloutir par les nuages. Sous ce lac, nous descendons tout droit vers le lac Saussat (quelques cairns). Le terrain est agréable au début puis il devient fatigant et chaotique avec des herbes plus hautes et des trous dignes de l’Aston. Nous prenons 30 minutes pour ramasser de quoi faire une tarte aux myrtilles puis arrivons enfin sur le chemin sur-fréquenté du lac Saussat. La tarte fut succulente ! Miam.