Il est clair que la star de la journée fut le Vignemale : énorme et austère sous sa chappe de nuages gris et les séracs à ses pieds. Rien que pour lui, il aurait presque fallu faire le circuit dans l’autre sens pour ne pas l’avoir dans le dos. À méditer si vous ne partez pas du refuge d’Estom mais directement de la Fruitière.

Date : 2020/07/11
Distance totale : 17 km
Dénivelé positif : 1400 m
Temps de montée : 2h30 pour le pic Arraillé puis 4h30 pour le pic d’Estibe Aute
Temps de descente : 2h
Conditions et commentaires : beau au petit matin se chargeant rapidement.
Difficultés : passages parfois délicats sur la crête.

Accès voiture

Accès voiture : Hostellerie de la Fruitière. Prendre la direction du Pont d'Espagne au dessus de Cauterets puis emprunter une petite route sur la gauche en direction de la Fruitière (panneau)

Tracé GPS

A venir

 

Après un bel accueil, une bonne nuit et des moments sympas au refuge d’Estom, il est temps de partir au col d’Araillé (2583 m) sur le bon chemin évident mais au balisage parfois un peu terne. Je double un groupe de pêcheurs dont certains membres paraissent vraiment en souffrance sous le poids de sacs à dos presque aussi grands qu’eux. Au col, première découverte du Vignemale à qui je tourne le dos pour contourner l’imposant socle du pic Araillé en essayant de perdre laborieusement le moins d’altitude possible. J’ai l’impression que le contournement n’en finit pas et à deux reprises, je suis tout proche de me laisser par un des nombreux couloirs qui entaillent ce bastion rocheux. Heureusement, la raison me rattrape à temps car vu d’en haut, après avoir rejoint facilement le sommet, j’aurai certainement fini dans une impasse. Le petit bassin lacustre des laquets d’Estibe Aute est d’une très grande tranquilité.

Je descends facilement au col sous le sommet puis remonte à une pointe anonyme et aérienne que je pensais être le pic de l’Estibet d’Estom. Ce dernier se trouve vraisemblablement après. Je reste majoritairement versant Gaube pour gagner un peu de temps. Pour le pic Henri Pont, défendue par une courte pente raide, la vieille croix rouillée dont fait mention Philippe Quéinnec n’est plus présente. Il est vrai que la crête devient temporairement plus dure une fois passé le sommet. Je n’hésite même pas et préfère directement descendre d’une cinquantaine de mètres versant Estom pour remonter au mieux vers la crête lorsque celle-ci se redresse à nouveau. Faite de gros blocs, elle me dépose sans encombre au pic d’Estibe Aute. Entre ce dernier et le pic Araillé, je n’ai vu aucun cairn. La vue vers le Vignemale souffre ici d’une grande concurrence : celle de la vue plongeante vers les lacs d’Estibe Aute avec l’Ardiden en toile de fond.

La descente du pic d’Estibe Aute vers le col homonyme (2622 m) n’est pas si simple. Elle demande un peu d’attention au début : une cheminée raide sous le sommet puis un contournement un peu exposé de l’antécime après laquelle le terrain s’assagit tout doucement. L’horloge a tourné et je fais le deuil d’une tentative au Grand Pic des Paloumères. Je fais un autre deuil : celui d’une descente tranquille et roulante. C’est d’abord un pierrier pénible pour rejoindre les lacs. D’ailleurs, pour profiter au mieux du potentiel des lacs d’Estibe Aute, il ne faut pas hésiter à prendre un peu de hauteur car ils sont bien plus jolis que lorsqu’on les observe depuis les rives. Ensuite, le chemin qui descend dans la vallée d’Estom est très rude : 750 mètres de D- pour bien peu de distance. Après ce broyage en règle des quadriceps, je retrouve la vallée d’Estom puis le parking ultra bondé de la Fruitière. C’était mieux au pic Henri Pont.