Itinéraire long mais somptueux par le col des Tentes avec la découverte de lieux légendaires comme le cirque de Gavarnie vu depuis le refuge des Sarradets, la Brèche de Roland, les canyons d’Ordesa et le mythique Monte Perdido !

Date: 2013/08/20
Distance totale Distance et dénivelé indicatifs. Privilégier ces valeurs plutôt que celles indiquées le profil. : 25 km
Dénivelé positif : 1500 m
Temps de montée Pauses classiques incluses (photo, discussion, collation, manips à ski...) au contraire des longues interruptions (sommet, refuge, sieste...) : 5h00
Temps de descente : 5h00
Conditions et commentaires : beau.
Difficultés : terrain exigeant et passages escarpés.
Accès : col des Tentes (ouverte fin mai, voir inforoute65)
Itinéraire Profil visible en cliquant en bas à gauche de la carte. Privilégier les valeurs ci-dessus plutôt que celles indiquées sur le profil. : GPX

À savoir :

Cette page fait partie des itinéraires les plus visités. Et si vous êtes ici, c’est probablement que vous avez envie de rallier le Mont Perdu depuis le col des Tentes : un itinéraire marquant ! En plus du récit ci-dessous rédigé il y a longtemps et sans trop d’expérience, voici quelques informations supplémentaires :

  • À la journée, mieux vaut partir très tôt pour une multitude de raisons : horaires, météo, tenue de la neige, spectacle du lever du soleil etc…

  • Attention, côté espagnol, le bivouac est interdit sauf à proximité du refuge de Goriz mais il faut réserver et les places sont limitées.

  • L’éternelle question : faut-il des crampons ? Dans les Pyrénées, le massif de Gavarnie et le secteur du Mont Perdu font généralement partie des plus enneigés à la fin de l’hiver. Même si une longue partie de l’itinéraire se déroule en versant sud, la montée à la brèche, le pas des Isards, le couloir final du Mont Perdu seront infranchissables sans crampons s’il y reste de la neige. Le refuge de Goriz et le refuge de la Brèche de Roland publient régulièrement sur Facebook des retours sur les conditions et sont joignables si besoin.

  • Pour une description mètre par mètre et davantage de photographies, vous pouvez consulter ce lien.

Des questions ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ou à envoyer un mail, je répondrai avec plaisir.

Après une arrivée tardive au col des Tentes et un bivouac (Interdit ! Les contrôles sont fréquents) totalement à l’arrache, nous démarrons dans la nuit noire du col des Tentes (2208 m). Port de Boucharo (2270 m), col des Sarradets (2589 m), refuge des Sarradets (2587 m), brèche de Roland (2807 m), c’est du classique et il est impossible de se tromper. N’oubliez pas de profiter de la vue qui s’ouvre sur le cirque depuis le col des Sarradets, l’une des plus belles des Pyrénées. Durant ce petit matin du mois d’août, je la découvre pour la première fois et c’est un enchantement voire une révélation. Depuis, chaque passage au col des Sarradets me rappelle avec nostalgie ce moment où j’ai eu le souffle coupé.

Le versant espagnol est encore bien enneigé. Après le pas des Isards qui est sec mais que nous atteignons en suivant une petite rimaye, nous montons sur les terrasses supérieurs sous le Casque et la Tour. Pour cela, il faut contourner la Tour par un gradin puis monter une cheminée facile (cairns) qui permet de prendre pied sur des plateaux plus larges. Il existe une multitude d’alternatives pour passer cette section peu lisible, toutes peu commodes à décrire. Sur le terrain, les cairns partent un peu dans tous les sens.

Nous profitons des névés pour nous rapprocher rapidement du Cylindre que nous contournons par la droite pour arriver au lac Glacé où des montagnards ont bivouaqué. Sur cette portion, la vue sur les canyons d’Añisclo et d’Ordesa est somptueuse, et ce n’est que le début ! Nous rejoignons la foule venue de Goriz pour monter la dernière rampe, déneigée sur le haut et surnommée « l’Escupidera » (le crachoir) par les espagnols. En cas d’enneigement intégral, le haut demande de la prudence car il est légèrement déversant sur les barres rocheuses de la rive gauche. Juste avant de prendre pied sur les éboulis, nous aidons un espagnol en détresse qui s’est déporté du chemin jusque dans des petites barres. La dernière pente est croulante et éprouvante. À la fin de celle-ci, le sommet est alors tout proche. En haut, nous pouvons effectivement constater l’étendu et la diversité du panorama même si, appréciation purement personnelle, le Mont Perdu fait partie des sommets plus jolis à observer de ses voisins si l’on compare à la beauté du panorama depuis la cime.

Dans les éboulis croulants, la descente jusqu’au lac Glacé est expéditive. Puis, nous retournons à la brèche de Roland par le même itinéraire en cuisant sous le soleil. Heureusement, quelques névés rafraîchissants sont les bienvenus. Après la brèche, ils nous permettent également de rejoindre rapidement le refuge de la Brèche assailli par les promeneurs. Il reste encore quelques longs kilomètres pour rejoindre le col des Tentes qui finissent de nous meurtrir les cuisses. Quelle journée fabuleuse !