Alors qu’il est si charismatique depuis les sommets du val d’Aran, en montant depuis Bagergue, le pic de Maubermé se fait bien discret en ne se dévoilant qu’au dernier moment. Pour visiter le point culminant (frontalier) du Couserans, les versants sud sont bien plus amicaux que les vallons encaissés du fond du Biros.
Date : 2025/12/12
Distance totale Distance et dénivelé indicatifs. Privilégier ces valeurs plutôt que celles indiquées le profil. : 22 km
Dénivelé positif : 1500 m
Temps de montée Pauses classiques incluses (photo, discussion, collation, manips à ski...) au contraire des longues interruptions (sommet, refuge, sieste...) : 3h40
Temps de descente : 2h10
Conditions et commentaires : plutôt beau mais épais voile à l’ouest.
Difficultés : quelques pentes raides, 35° sur 200 m sous le sommet et crête sommitale selon les conditions neigeuses.
Accès : Bagergue (selon l’enneigement et le véhicule, possibilité de monter assez haut sur la piste de Liat)
Itinéraire Profil visible en cliquant en bas à gauche de la carte. Privilégier les valeurs ci-dessus plutôt que celles indiquées sur le profil. : GPX
Voici une bambée printanière réalisée en plein mois de décembre pour un itinéraire en deux parties bien distinctes : 6 kilomètres de piste (ouverte à la circulation mais nécessitant un 4×4 car très raide et humide par endroit) puis un cheminement plus classique. Après un important redoux, le portage demeure plus que raisonnable et les versants raides et herbeux dominant la piste sont bien purgés, c’est donc une bonne fenêtre pour découvrir cet itinéraire qui m’intriguait depuis longtemps.
Je stationne à la bifurcation des pistes de Varradòs et de Liat. Un espagnol arrive au même moment avec le tuc de Pincèla pour objectif. Si les trois premiers kilomètres de la piste sont déneigés, il est possible ensuite de chausser vers 1700 m où deux personnes labourent la piste avec un pick-up avant de s’avouer vaincus par une grosse coulée. Comme la neige est dure et tassée par de vieilles traces, je poursuis à pied (avec les baskets !) jusqu’à cabane des Calhaus (1900 m). Très bel environnement avec notamment une multitude de petits tubes et vallons qui donnent sacrément envie sous le tuc des Armèros. Juste après la cabane, partir vers le NE pour remonter dans un petit cirque à gauche de la crête SO du cap dera Cometa des Calhaus. Une vieille trace de montée me facilite la vie et me conforte dans l’itinéraire. Après m’être extirpé de ce petit cirque par la gauche, les pentes se font plus douces et le vallon s’ouvre pour de bon.
Plusieurs cheminements sont possibles pour aller vers le pic de Maubermé. Le plus efficace semble être de monter vers le NO pour faire une longue traversée sous le tuc des Crabes, face au pic de Maubermé dont le rognon sommital est enfin visible, au pic de l’Homme, au port d’Urets et au tuc de Montoliu. La traversée surplombe le lac de Montoliu, attention si la neige est dure. La surface du lac de Montoliu est tigrée de blanc et bleu tandis que le voile nuageux forme une nette démarcation, le tout offrant de jolis contrastes.
Au còth de Maubèrme (2477 m sur ICGC) situé au pied du tuc des Crabes, le cheminement devient évident, toujours en suivant cette trace de montée. Malheureusement, après une nouvelle traversée et le passage d’un épaulement, les bougres ont décidé de descendre par la coma Nera ! Moi qui imaginais un bel escalier dans le couloir d’accès à la crête, je déchante. Après une traversée des grandes pentes O sous le sommet, je laisse le couloir d’accès estival pour aller chercher un autre couloir moins raide (35°) que je remonte en crampons jusqu’à la crête. La neige croûtée est éreintante. Voici un schéma illustrant la dernière partie de l’itinéraire.
La crête rocheuse ne pose pas de difficulté. Tout proche du sommet, je plante mes bâtons pour prendre quelques photos, me retourne et mon sac les propulse dans la face N du pic de Maubermé. Impuissant, je les vois dégringoler et disparaître. C’est une belle erreur de débutant qui n’arrive normalement qu’une fois… Si vous voulez une paire gratuite, rendez-vous dans le vallon d’Urets au début de l’été ! Sans ces précieux outils, je préfère faire directement demi-tour sans aller voir si les cairns sommitaux ont encore pris quelques centimètres. Je descends la première partie en crampons et chausse ensuite les skis lorsque les pentes sont plus douces.
Heureusement, la neige est dure et avec un bon grip, me permettant de descendre assez facilement mais en abandonnant toute notion de style… Je suis les traces des trois prédécesseurs qui ont basculé dans la coma Nera depuis un collet à l’ouest. C’est aussi possible à l’E à proximité du tuc des Crabes alors que c’est plus délicat au centre entre petites barres rocheuses et corniches imposantes. La première partie est raide et délicate, d’autant plus sans les bâtons, car la neige a été chassée par les passages, mettant à nue les rochers. En restant à proximité du lit du torrent bien enneigé, la descente est joueuse jusqu’à retrouver la piste qui descend doucement jusqu’à cabane des Calhaus. Avec les nombreux replats avant que la piste ne descende pour de bon, je préfère repeauter. J’arrive en même temps que la personne croisée ce matin qui a finalement poussé jusqu’au tuc des Armèros. Une belle journée de montagne avec l’impression d’être au bout du monde à l’approche du pic de Maubermé.


Hello Clément,
tellement habitué aux paysages estivaux, j’ai du mal à reconnaitre …
Bravo, il faut la faire ta sortie!
Hello 🙂
C’est marrant car je me suis fait la remarque lorsque j’étais là-haut. Sous le pic de Maubermé, c’était bien chargé en neige, donnant presque l’impression d’être ailleurs. Un peu déroutant !