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Pic de l’Aneto (3404 m) depuis la Besurta

 

La voie normale est une autoroute, mais comment résister à l’appel du plus haut sommet des Pyrénées ? Pèlerinage tempétueux au Pic de l’Aneto, ou presque !

 


 

Accès voiture

Accès voiture : la Besurta. La route entre l'Hospital de Benasque et la Besurta est interdite durant l'été. Des navettes assurent la liaison toutes les 30 mn. Compter 1h30 à pied.

Tracé GPS

A venir !


 

Ce pèlerinage, c’est d’abord l’histoire d’un bivouac à la Besurta. Nous partons tardivement de Toulouse puisqu’il fait nuit alors que nous sommes seulement sur l’autoroute. Le plus long reste à faire, et en effet, que c’est long ! Alors que mes deux compères somnolent après Vielha, je suis lassé de suivre cette route sinueuse et interminable, éclairée par la lumière faiblarde de la voiture. Pourtant, c’est excitant de traverser des vallées inconnues pour nous diriger pour la première fois vers Benasque, lieu qui regroupe de nombreux départs d’itinéraire vers les majestueux massifs de la Maladeta ou des Posets. Finalement, c’est ce sentiment qui l’emporte, l’euphorie. Arrivés sur place vers 1h du matin, nous trouvons un bon endroit où planter les tentes. Pour le lendemain, la météo prévue n’est pas exceptionnelle mais correcte. Le réveil est prévue à 4h30, pour essayer de partir avant la caravane. A 4h15, « tic », « tac », « tic » sur la toile de tente, serait-ce des gouttes ? Puis cinq secondes plus tard, « badaboum », un rideau d’eau s’abat sur nous :

« … »
« … »
« Il prévoyait quel temps ? »
« Pas exceptionnel mais plus que correct »
« Tu t’es pas trompé de jour ? »

Personnellement, ma nuit ne fut qu’une succession de micro siestes et je m’endors aussitôt après avoir reprogrammé le réveil à 5h. Réveil, il ne pleut plus. J’ouvre à peine la tente et jette un oeil craintif dehors : un plafond d’étoiles nous enrobe et éclaire les montagnes, ça sent bon la montagne qui se réveille, le bruit du torrent, la fraîcheur … Magique !

Nous avons suivi l’itinéraire classique : refuge de la Rencluse (2140 m) – Portillon supérieur – col de Coronas (3198 m). Le mouvement des nuages à proximité du sommet nous indique que le vent doit être violent là-haut. Après avoir traversé le glacier sur une neige moyennement portante, nous atteignons le col de Coronas qui est une véritable soufflerie. Dans la montée vers le sommet, certaines rafales nous déséquilibrent et nous obligent parfois à nous recroqueviller. Dans ces conditions, Florent et moi restons à l’antécime tandis que Julien fait un aller-retour express jusqu’à la croix.

 

Pic de l'Aneto au fond
Pic de l’Aneto au fond

 
Pas de Mahomet
Pas de Mahomet

 

Pour descendre, nous retournons au col de Coronas avant de rejoindre la vallée de Barrancs en dévalant le glacier et en prenant gare aux crevasses naissantes sur le bas. Le plan dels Aigualluts est un très beau site bondé de fleurs à cette saison. La verdure et la chaleur contraste avec le vent et la blancheur du haut. Nous prenons notre temps, visitons au Forau dels Aigualluts (appelé communément Trou du Toro) avant de rejoindre tranquillement l’agitation du parking. Avec le vent, une des tentes s’est envolée : nous la retrouvons 200 mètres plus loin lestée de quelques pierres. Merci à l’âme charitable !