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Toute sortie dans un endroit nouveau implique une première recherche : combien de temps de route faut-il pour aller au point de départ ? Toulouse – Banos de Panticosa : 3h57. Ouch … Il fallait donc bien un week-end entier pour aller découvrir pour la première fois ce somptueux massif des pics d’Enfer, triptyque bicolore charismatique bien visible depuis la Grande Fache et autour duquel gravitent d’autres 3000 plus confidentiels.

Date: 16 et 17/07/2016
Distance totale : 10+11 km
Dénivelé positif : 2000 m
Temps de parcours : J1 : 7h – J2 : 5h30
Conditions et commentaires : beau les 2 jours.
Difficultés : quelques pentes raides et terrain décomposé.

Accès voiture

Accès voiture : Bains de Panticosa.

Tracé GPS

Le tracé GPS est consultable ici : https://tracedetrail.com/fr/trace/trace/78086

- Tracé obtenu grâce à une montre GPS portée pendant la sortie mais susceptible d'avoir été corrigé a posteriori (bug, imprécision, arrêt involontaire, problème de batterie...).
- Les fonds de carte IGN (France) et Iberpix (Espagne et Andorre) sont disponibles en se connectant. Comment se connecter, sélectionner les fonds de carte et autres informations sur le module cartographique : Utiliser la cartographie
- Le dénivelé et la distance indiqués sur tracedetrail sont générés automatiquement en important la trace. Ces informations sont susceptibles de varier par rapport à celles présentes sur les récapitulatifs, qui ont été obtenues à l'aide d'un autre outil. Preuve en est que le dénivelé et la distance sont toujours à considérer à titre indicatif.

 

Alors que la pénombre s’installe doucement, nous passons le col du Pourtalet sous l’oeil du pic du Midi d’Ossau et arrivons aux bains de Panticosa vers 22h15. Entre bivouacs improvisés et vans aménagés, il y a beaucoup de monde au parking.

 

Jour 1

 

Après un bivouac rapidement plié, nous démarrons la journée par une sévère montée durant laquelle nous avons une belle vue d’ensemble sur les Bains de Panticosa, grand site hôtelier mêlant station thermale, lieu de réception et station de ski de fond l’hiver. La journée débute à peine et nous avons déjà chaud ! Après un léger replat (2250 m), nous laissons la foule et prenons la direction du barranco de las Argualas pour une montée plus tranquille. Dans notre élan, nous partons trop à l’ouest et arrivons sur une ligne de crête à 2800 m. Nous rebroussons chemin et chaussons les crampons pour une raide remontée en direction du bon vallon qui nous amène sous l’Argualas. De retour sur l’itinéraire normal, il y a vraiment beaucoup de monde et le mauvais rocher demande de la vigilance pour soi et pour les autres. Quelques pas de I et II amènent au premier sommet du week-end.

Nous redescendons au collet avec la même attention et suivons la crête jusqu’à l’Algas. C’est assez accidenté (II grand max.) et en rocher moyen, mais facile et peu aérien. Nous atteignons le sommet en 30 minutes environ et suivons la sente jusqu’au col au pied du Garmo Negro où une longue montée de 250 mètres dans les éboulis nous attend. Heureusement, la récompense au sommet du Garmo Negro en vaut la chandelle : très beau panorama sur une partie de la chaîne que je n’avais encore jamais visitée. Il fait chaud et c’est en t-shirt à plus de 3000 mètres que nous savourons viande des Grisons et saucisson.

De retour au pied du Garmo Negro, nous remettons les crampons et entamons le parcours vers le col de Pondiellos. Nous enroulons les faces sud et ouest du Garmo Negro pour remonter au col (2812 m), très belle fenêtre sur les pics d’Enfer. Nous traversons jusqu’au col Sarette (2831 m) où nous installons le bivouac pour la nuit sur des aires déjà présentes. Un névé providentiel nous permet de nous ravitailler en eau et nous nous reposons sereinement. La lumière décline doucement sur le cirque et les étangs de Pondiellos. Quelques isards courant dans les éboulis viennent troubler le silence sourd qui s’est installé. Je profite de ce moment de quiétude et admire le soleil couchant venant lécher la fourche du pic du Midi d’Ossau. Puis, installé dans mon sac de couchage, j’ouvre les yeux et le Vignemale entouré d’un halo rosé me fait face. Magique !

 


 

 

Jour 2

 

Après le petit déjeuner, nous montons à la brèche au pied du pic d’Arnales dans un terrain croulant. Le sommet est ensuite tout proche et nécessite tout juste de poser les mains. Nous surprenons une marmotte nichée entre deux rochers seulement 10 mètres sous le sommet ! La crête jusqu’aux pics d’Enfer est faisable mais de préférence avec du matériel pour faire un rappel car une désescalade de 10 mètres en III fait obstacle. N’étant pas équipés, nous retournons aux abords du col Sarette où nous avons laissé les sacs.

Pour rejoindre la face nord, nous chaussons les crampons pour traverser sur 200 mètres un névé dur et raide. Comme souvent, alors que la face paraissait être un mur de loin elle est en réalité beaucoup moins raide, heureusement ! Ainsi, de terrasses en terrasses aux multiples cheminements possibles, nous rejoignons la crête reliant les trois sommets. Après un aller-retour au sommet oriental, nous poursuivons vers le sommet central puis vers le troisième de la fratrie. La crête est large et non vertigineuse. Ce n’est pas du tout comme le paso del Caballo au pic de Vallibierna. Sur ce dernier sommet, la vue vers le Balaïtous est absolument somptueuse avant l’ibon de Tebarray au premier plan. Les pics d’Enfer sont charismatiques et méritent leur réputation : le panorama est dément et leur géologie est étonnante avec cette grande dalle calcaire.

Il est malheureusement temps de redescendre : pour faire une boucle, nous suivons la voie normale traditionnelle et par la même occasion retrouvons la foule que nous avions majoritairement évitée jusqu’alors. Dans un terrain croulant, nous rejoignons le Garmo Blanco (2960 m) puis suivons une sente au dessus de la dalle calcaire sud-est. Arrivés à une brèche, nous prenons pied sur un névé nous menant quasiment jusqu’au col d’Enfer (2721 m). Tout au long de cette partie, la vue sur les eaux sombres de l’ibon de Tebarray est magnifique. Le barranco de Piedrafita descend ensuite doucement dans un cadre idyllique entre torrents, marmottes, et nombreux étangs jusqu’à apercevoir le grand lac de Bachimana. Nous le longeons jusqu’au refuge puis suivons le GR11 pour retrouver les bains de Panticosa où nous croisons énormément de monde. Cette dernière partie avant le parking est très belle voire dépaysante : cascades, trous d’eau et belle végétation. La descente est très longue mais agréable.